Après son bref passage lors de l’exposition photo qu’on consacrait à nos travaux de construction et de la scène chanson qu’on a fait tourner à cette occasion en octobre dernier, on a pas mal été surpris par le nouveau pli qu’avait pris Jean, l’univers qu’il trimballe avec lui quand il est au piano. Et on a beaucoup aimé ça. Alors on lui a demandé s’il aurait envie de venir donner tout un concert à lui. Il a dit oui, mais à une condition: jouer sur notre vieux piano à queue avec le public installé tout autour. On a dit « vendu! », parce que nous, on aime bien quand ça ressemble à autre chose que ce qui se fait tout le temps. Et on a hâte de faire cercle autour de Jean Dubois, chansons et pas chansons, et piano.
Ci-dessous, quelqu’un d’autre qui en parle.
« Depuis quelques années, celui qui s’était révélé comme un chanteur guitare-voix avec du texte dedans a remis en question son savoir-faire, peut-être inquiet de ce que le savoir-faire implique de confort donc de danger, même voire de ronronnement dans la production d’un fredonneur. Ses derniers concerts portaient trace de quelques-unes des stratégies qu’il explore, parmi lesquelles :
le refus de la guitare, l’exploration du piano où il est moins à l’aise mais plus gourmand et pas gauche,
l’insertion de textes dits pour casser la logique de la parole chantée,
le creusement de chansons non-duboisiques,
la chanson interprétée sans texte,
le dépassement du ploum-ploum-voix par la chorégraphie populaire, etc.
(…)
Il pourrait y avoir de la pose dans cette démarche si elle était posture. En réalité, le mec, un des plus grands auteurs-compositeurs-chanteurs que le grand public ignore, est entré dans une démarche artistique qui revendique de penser la chanson comme un art et non comme le seul résultat d’un savoir-manigancer.(…) »